L' éveil mental du cheval âgé

cheval âgé balle

Le cheval est un herbivore qui vit en troupeau et qui passe une grande partie de la journée à brouter , stimulé par ses congénères. Son utilisation par l’homme, modifie souvent  son mode d’alimentation (distribution d’aliments plus concentrés) et le temps consacré à la prise de nourriture est réduit.

L’alimentation, une activité à part entière :

En vieillissant, le cheval adapte son mode d’alimentation : il mange lentement, parfois  plus de concentrés (granulés) que de fibres (foin) ; il se déplace de moins en moins et n’a souvent plus de congénères pour le stimuler. D’autre part ,le temps consacré à l’alimentation doit devenir plus important pour compenser le manque d’efficacité de l’appareil digestif , au niveau de la mastication et de l’absorption des nutriments. Mais, le cheval se lasse souvent de manger et la sénilité renforce souvent ce manque de stimulation. Il faut donc redonner au cheval l’envie de consacrer du temps à manger et l’énergie de se déplacer pour cela.

On disposera donc la nourriture dans différents récipients que l’on répartira dans l’espace de vie du cheval. Ces récipients peuvent être de taille, de forme et de couleur différents. Le cheval, ira ainsi de l’un à l’autre à la recherche de sa nourriture, comme il le ferait, entrainé par ses congénères dans le cadre d’une vie de troupeau. Si le cheval est "à l’herbe", on placera des récompenses dans les récipients pour l’inciter ainsi à explorer la totalité de l’espace qui lui est offert.

L’interaction avec l’environnement :

Le cheval âgé est souvent prostré ; il ne développe pas nécessairement de comportement d’ennui, mais il parait absent. On va donc mettre en place des dispositifs qui  vont l’amener à interagir avec son environnement. Il faut le surprendre et l’intriguer, sans lui faire peur bien sûr, et les dispositifs mis en œuvre vont dépendre de la sensibilité propre à chaque cheval.

On va placer dans le box du cheval, dans son enclos de détente, dans son pré des objets de taille variable qui vont l’intriguer : ballons, seau renversé, pneu, fanion planté dans le sol, tissu de dimension variable accroché, cône de chantier, support d’obstacle en plastique… qui seront mis en scène régulièrement et associés différemment en fonction des réactions du cheval. Vous devez avoir le sentiment de poser à votre cheval des énigmes qu’il va tenter de résoudre. Vous pouvez accompagner le cheval dans ces découvertes (notamment pour le rassurer au début) puis  le laisser interagir seul.

L’univers du cheval, dans le cadre de son utilisation par le cavalier, est très riche (situations diverses , obstacles , déplacement , randonnées …etc). Il s’appauvrit considérablement lors de la mise en retraite du cheval. Il faut donc récréer un environnement enrichi de situations nouvelles  adaptées à l’âge du cheval.

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Questions / Réponses

Peut-on mettre un animal de compagnie avec un vieux cheval ?

Lorsque l’état de santé du cheval âgé, et/ou les circonstances ne lui permettent plus de vivre en compagnie d’un congénère, on peut envisager de le mettre en présence d’un animal de compagnie.

Cette démarche nécessite anticipation, réflexion , opportunité… Il n’est pas possible de donner un avis unique qui dépend de trop de facteurs . Il faut juste savoir qu’un mouton ou une chèvre peuvent détourner la ration du cheval à leur profit, voir l’empêcher de manger ; qu’un lapin en liberté dans le boxe peut se retrouver écrasé par le cheval par inadvertance ; qu’un cochon d’inde dans une cage accrochée dans le boxe peut soudainement paniquer le cheval….mais que toutes ces situations se sont révélées dans d’autres cas très efficaces !

Il n’y a pas de recette miracle ; il faut essayer et faire preuve de bon sens ; chaque situation est unique et c’est d’ailleurs cela qui en fait sa richesse.

Mais votre cheval a avant tout besoin de la présence de son(sa) cavalier (ière) dès que cela est possible. L’animal de compagnie n’est qu’un palliatif.

Que faire si le cheval parait stressé par les dispositifs d’aménagement du milieu qu’on lui propose ?

Il est évident qu’il ne faut pas paniquer le cheval ; néanmoins une certaine forme de stress maitrisé représente pour le cheval un enrichissement du milieu de vie. Il faut savoir doser l’introduction de nouveaux objets et accompagner un cheval un peu craintif dans sa découverte.

On peut aussi présenter  les nouveaux objets en les associant à des objets connus et acceptés par le cheval ; on enlèvera ensuite les objets connus.

On peut aussi associer une récompense alimentaire à la présence de certains objets.

Il faut de toute façon procéder par étape et observer au fur et à mesure le comportement du cheval. Il faut savoir, si besoin, revenir en arrière pour reprendre une étape.

Il ne faut pas craindre de provoquer un stress ; surmonter le stress , en apportant une solution au problème posé ,  représente une étape de l’apprentissage et de la découverte