Je t’ai rencontré il y a quinze ans. Tu avais déjà 16 ans. Ce jour-là, je ne rencontrais pas seulement un cheval. Je rencontrais celui qui allait changer ma vie.
Tu es devenu mon premier cheval, mon premier amour, mon refuge, mon repère… et le premier membre de la famille que je me suis choisie. Mes animaux sont toute ma vie, et toi, tu en as été le commencement.
Tu avais un caractère de feu. En balade, il fallait toujours être devant. Attendre n’était pas dans ton vocabulaire. Tu étais courageux, fier, vaillant. Mais derrière cette grande personnalité se cachait un cheval d’une infinie douceur avec moi.
Je pouvais me blottir contre toi n’importe où, sans jamais avoir peur. Je pouvais te serrer dans mes bras comme un immense nounours, parce que je savais qu’auprès de toi, je ne risquais rien. Entre nous, il y avait cette confiance qui ne s’explique pas. Celle qui se construit jour après jour, année après année.
Et puis il y avait nos petits rituels. Tes fameux « gratte-gratte » au fourreau que tu venais me réclamer presque tous les jours. Ceux qui feront sûrement sourire ceux qui te connaissaient, mais qui étaient notre petit moment à nous. Rien qu’en y pensant, je te revois déjà venir me demander ton massage.
Pendant quinze ans, il ne s’est pas passé une seule journée sans que je pense à toi, sans que je prenne soin de toi, sans que je vienne te voir. Tu étais mon quotidien. Tu étais présent dans tous les chapitres de ma vie. Tu as connu mes joies, mes peines, mes réussites, mes échecs. Et lorsque mon monde devenait trop lourd, il me suffisait de venir me poser contre toi pour retrouver un peu de paix.
Quand Feeling est arrivé il y a presque huit ans, c’était pour toi. Je voulais que tu ne sois plus jamais seul. Tu l’as accueilli, tu lui as appris la vie, et vous êtes devenus inséparables, des frères.
Ces derniers mois, je surveillais chacun de tes kilos perdus. J’essayais d’adapter tes rations, de t’aider, de prendre soin de toi malgré les maladies liées à ton âge. J’aurais tout fait pour toi. Absolument tout.
Quand je t’ai trouvé couché dans ta cabane, mon cœur a compris avant ma tête que quelque chose n’allait pas. J’ai tout tenté. Le vétérinaire est venu, puis revenu. Mais tu souffrais. J’ai dû prendre la décision la plus difficile de ma vie. Je t’ai accompagné jusqu’à ton dernier souffle, le cœur brisé, mais avec une seule certitude : à 31 ans, tu méritais de partir sans acharnement. C’était mon dernier acte d’amour envers toi.
Je garderai toujours en moi une part de culpabilité, parce que c’est le prix de l’amour. Mais au fond de mon cœur, je sais que je ne t’ai pas abandonné. Je t’ai aimé jusqu’au bout. Et je t’ai laissé partir parce que je t’aimais plus que tout.
Tu n’étais pas qu’un cheval.
Tu étais celui qui rythmait ma vie.
Tu as été la plus longue relation de ma vie. Tu étais toujours là.
Aujourd’hui, je dois apprendre à vivre des journées où je ne pourrai plus te retrouver. Et je ne sais pas encore comment faire.
Tu laisses derrière toi un vide immense, mais aussi quinze années d’amour inconditionnel que rien ni personne ne pourra jamais effacer.
On dit que l’on n’oublie jamais son premier amour. Ils avaient raison.
Le mien ne parlait pas.
Il avait quatre sabots, un cœur immense…
Et il s’appelait Hebdo.
Un immense merci à Horsia. Grâce à vous, je vais pouvoir ramener Hebdo auprès de moi. Il sera enfin là où il a toujours été : au plus près de mon cœur.
Je t’aimerai toute ma vie.
Bientôt, tu seras de retour près de moi. Ton âme, elle, sera peut-être ailleurs… Je ne sais pas. Mais peu importe où tu es, attends-moi.
Je sais qu’on se retrouvera.
À bientôt, mon Hebdo.
Mon Dodo. Je t’aime 🤍