La chenille processionnaire, un ennemi à l'apparence anodine

chenille-processionnaire

L’insignifiant petit papillon de nuit gris Thaumetopoea pityocampa est en fait le stade adulte de l’évolution d’une chenille connue et redoutée : la chenille processionnaire du pin.

Les nombreux et impressionnants poils – appelés soies – de la chenille processionnaire sont fragiles. Au moindre contact, ils se cassent et libèrent une substance très urticante. Ces poils sont présents sur les chenilles, dans le nid et à proximité du nid mais peuvent aussi être portés par le vent.

La chenille processionnaire du pin est la principale responsable des envenimations par les chenilles processionnaires en France. Historiquement partie des Landes et du Sud Est, son territoire s’étend maintenant jusqu’à la région parisienne. Sa présence progresse aussi en altitude : initialement présente à des altitudes de 800/900 m, elle est aujourd’hui présente à 1200/ 1400 m dans les Alpes du Nord voire à 1900 m dans les Alpes de Haute Provence.

La chenille processionnaire du chêne (Thaumetopoea processionnae), à l’origine présente uniquement dans les forêts de l’est mais aujourd’hui aussi présente en Ile de France et en Rhône-Alpes, est - de la même façon - responsable de quelques cas d’envenimations.

Le réchauffement climatique serait à l’origine de l’avancement de 3 mois dans l’année du pic d’envenimation par les chenilles processionnaires dans les régions d’origine : les envenimations sont désormais plus fréquentes entre novembre et janvier.

Comment reconnaître une chenille processionnaire ?

La chenille processionnaire du pin :

  • présente un dos noir bleuté et un ventre blanc grisonnant,
  • a une capsule céphalique noire,
  • fait plusieurs dizaines de millimètres de long,
  • présente des « miroirs » dorsaux orangés,
  • se déplace en file indienne caractéristique (la fameuse procession)
  • est fortement velue !

L’envenimation par les chenilles processionnaires est-elle fréquente chez le cheval ?

Non, entre 2010 et 2018, la hotline du Centre d’Informations Toxicologiques de Lyon n’a reçu que 12 appels faisant état d’une envenimation d’un cheval par les chenilles processionnaires sur un total de près de 150 000 appels reçus !

L’ingestion directe de chenilles processionnaires par le cheval est fort peu probable. Cependant, le cheval peut être amené à brouter de l’herbe sur laquelle une procession de chenilles est passée ou à pâturer sous un arbre où les chenilles ont nidifié.

Quels sont les symptômes d’une envenimation par les chenilles processionnaires ?

Les signes cliniques de l’envenimation dépendent de la zone exposée.

Dans les quelques heures qui suivent l’exposition, le cheval va se gratter et saliver abondamment. On va ensuite voir apparaître un gonflement de la face et/ou de la langue voire une difficulté à respirer.

A plus long terme, la mort (nécrose) des tissus fragiles - notamment les muqueuses - entrés en contact avec la chenille est probable.

Que faire si votre cheval présente des symptômes ?

Il ne faut surtout pas toucher votre cheval sans protection : vous pourriez aussi entrer en contact avec les poils urticants !

Il s’agit d’une urgence, faites immédiatement venir le vétérinaire qui pourra réaliser les soins et traitements adaptés à la situation pour lui donner les meilleures chances.

Une seule solution pour l’instant : la vigilance et la prévention

Lors d’une suspicion d’envenimation :

  • faire venir immédiatement le vétérinaire,
  • se protéger et protéger les personnes vulnérables.

Si vous constatez la présence de chenilles processionnaires et/ ou de nid dans un lieu ou votre cheval est susceptible de se rendre, éloignez votre cheval (idéalement, rentrez-le) et contactez votre mairie : certaines communes ont mis en place des plans de lutte organisée.

revenir aux conseils