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La tendinite chez le cheval

La tendinite est une blessure redoutée des cavaliers, en particulier lorsqu’elle touche les chevaux de sport ou de loisir. D’autant qu’elle peut survenir brutalement, ou s’installer insidieusement avec le temps. Cette pathologie touche les tendons et peut mettre à mal des mois, voire des années, de travail. Heureusement, une bonne connaissance du problème permet d’agir rapidement et efficacement. Horsia vous dit tout sur la tendinite chez le cheval.

Qu’est-ce qu’une tendinite chez le cheval ?

 
Les tendons sont des bandes solides de fibres, composées essentiellement de collagène, qui relient les muscles aux os. Leur rôle est crucial : ils transmettent la force musculaire aux os pour permettre le mouvement.
Les membres du cheval comportent quatre tendons principaux : deux extenseurs et deux fléchisseurs. Ce sont surtout ces derniers qui sont concernés par les tendinites.
La tendinite est une inflammation d’un tendon, généralement causée par une micro-déchirure ou un excès de tension. Cette inflammation provoque une altération des fibres de collagène, qui perdent alors leur souplesse et leur capacité d’élongation.
 
On distingue plusieurs stades de gravité chez le cheval :
 

  • la tendinite débutante : les lésions sont légères, parfois invisibles à l’œil nu. Le cheval ne boite pas toujours, mais on note une chaleur ou un léger gonflement du tendon ;
  • la tendinite aiguë : les fibres sont partiellement déchirées, le tendon est chaud, gonflé et douloureux. La boiterie est fréquente ;
  • la tendinite chronique : elle résulte d’une mauvaise cicatrisation du tendon qui est épaissi et moins élastique. On parle de fibrose. Le cheval peut présenter une gêne locomotrice sans réelle boiterie.

 
La tendinite est particulièrement fréquente chez les chevaux en activité. Cette pathologie est aujourd’hui l’une des principales causes d’arrêt de carrière sportive chez le cheval.
 

Quelles sont les causes de la tendinite chez le cheval ?

 
La tendinite résulte d’un ensemble de facteurs qui fragilisent les tendons jusqu’à provoquer leur inflammation. Le travail est le facteur déclencheur principal, mais c’est sa combinaison avec d’autres éléments qui favorise l’apparition de la pathologie.
 
Voici les principales causes de tendinite chez l’équidé :
 

  • de mauvais aplombs : un cheval panard, cagneux ou aux pieds plats répartit mal son poids sur ses membres, ce qui entraîne une sur-sollicitation asymétrique des tendons ;
  • un parage ou une ferrure inadaptés : une mauvaise gestion des pieds modifie la posture et les appuis du cheval, augmentant la tension sur certaines zones tendineuses ;
  • un sol de mauvaise qualité : un sol trop profond pousse le cheval à compenser, provoquant une hyperextension du boulet et donc des tensions accrues sur les tendons fléchisseurs. À l’inverse, un sol trop dur peut générer des microtraumatismes sur les tendons ;
  • le surpoids : comme chez l’homme, un poids trop important accentue la charge exercée sur les tendons ;
  • un entraînement mal dosé : une intensité excessive ou une absence de progressivité dans le travail favorise les lésions de fatigue ;
  • l’âge du cheval : avec le temps, les tendons perdent naturellement en élasticité, et sont donc plus fragiles ;
  • des protections mal ajustées : des guêtres ou des bandes trop serrées peuvent altérer la vascularisation du tendon et provoquer des lésions ;
  • des traumatismes : un choc direct ou une entaille peuvent causer une rupture partielle ou totale d’un tendon ;
  • un travail asymétrique ou une compensation : un cheval qui boite d’un membre peut compenser avec l’autre, provoquant une surcharge sur ce tendon.

 
Bon à savoir : La tendinite est le résultat d’une accumulation de contraintes et de micro-lésions non réparées.
 

Comment repérer une tendinite chez le cheval ? Les symptômes à connaître.

 
La tendinite peut passer totalement inaperçue au début. Pourtant, plus la pathologie est détectée tôt, meilleures sont les chances de guérison complète chez le cheval.
 

Les premiers signes de la tendinite

 
Lorsque la tendinite se déclare chez le cheval, l’animal ne boite pas forcément. En revanche, vous pouvez observer :
 

  • une chaleur sur le tendon après le travail ;
  • un léger gonflement ou une molette ;
  • une raideur ou une gêne passagère au début d’une séance.

 
Ces signes précoces sont souvent négligés, alors qu’ils sont révélateurs d’un tendon en souffrance.
 

Phase clinique : les signes visibles

 
Si la tendinite s’installe ou s’aggrave, les symptômes deviennent plus nets :
 

  • boiterie, plus marquée sur sol profond ;
  • zone du tendon gonflée, chaude et douloureuse à la palpation ;
  • déformation en forme de banane à l’arrière du canon ;
  • membre en position avancée au repos pour soulager la douleur.

 
Chaque type de tendinite a ses spécificités.
 
En effet, la tendinite du fléchisseur superficiel apparaît brutalement et provoque une forte déformation visible. Elle est très fréquente chez les chevaux de course ou de complet.
 
De son côté, la tendinite du fléchisseur profond provoque une boiterie chronique. Le pied est atrophié ou plus haut que l’autre, et un gonflement discret apparaît sous le boulet. Elle est plus fréquente chez les chevaux de CSO.
 
Bon à savoir : Si vous avez un doute, mieux vaut consulter rapidement votre vétérinaire.
 

Comment diagnostiquer une tendinite chez un cheval ?

 
Le diagnostic vétérinaire est indispensable dans le cas d’une tendinite. Seul un professionnel peut confirmer la présence d’une lésion, en déterminer la gravité et la localiser précisément.
 
Pour diagnostiquer une tendinite, le vétérinaire doit d’abord procéder à un examen clinique :
 

  • il observe le cheval à l’arrêt (aplombs, posture) ;
  • il palpe les tendons à la recherche de chaleur, gonflement ou douleur ;
  • il met l’animal en mouvement pour observer la boiterie sur sol dur et mou.

 
Le vétérinaire fait ensuite une échographie. Elle permet de visualiser la structure du tendon, d’identifier les zones lésées, et d’évaluer la proportion de fibres touchées.
 
L’objectif est de réaliser cet examen entre 3 et 10 jours après l’apparition des symptômes, pour laisser le temps à la lésion de se stabiliser.
 
D’autres examens peuvent être nécessaires pour poser un diagnostic, comme :
 

  • des anesthésies tronculaires pour localiser précisément l’origine de la douleur ;
  • un IRM en cas de boiterie chronique difficile à localiser.

 
Bon à savoir : Les tendons les plus souvent examinés sont le fléchisseur profond, le fléchisseur superficiel et le ligament suspenseur du boulet.
 

Comment traiter une tendinite chez le cheval ?

 
Le traitement de la tendinite repose sur plusieurs axes complémentaires, à adapter en fonction de la gravité de la lésion chez le cheval.
 

Mettre le cheval au repos

 
Le tendon doit être mis au repos de quelques semaines à plusieurs mois selon la lésion pour pouvoir se reconstruire.
Le cheval peut être placé au box ou au pré, selon le protocole décidé par le vétérinaire. L’alimentation doit être ajustée pour éviter le surpoids pendant cette période d’inactivité.
 
Bon à savoir : Dans le même temps, il est possible de revoir la ferrure ou le parage du cheval avec le maréchal pour soulager le tendon lésé.
 

Utiliser des traitements médicamenteux

 
Le vétérinaire peut prescrire des anti-inflammatoires pour limiter la douleur et éviter que l’inflammation n’endommage davantage le tendon.
En cas de douleurs persistantes ou d’œdème important, d’autres médicaments peuvent être utilisés. En complément de ce traitement, il est possible de pratiquer des soins locaux. Par exemple :
 

  • du froid en phase aiguë : des douches, des guêtres de cryothérapie, du gel rafraîchissant ;
  • des massages doux avec gel à l’arnica ;
  • des cataplasmes d’argile en phase post-inflammatoire.

 
Bon à savoir : Des cellules souches peuvent être injectées dans le tendon pour reconstruire les tissus. Des ondes de choc ou un suivi ostéopathique peuvent aussi être utiles.
 

Reprendre le travail

 
La reprise du travail doit être très progressive, encadrée et adaptée à l’évolution de la lésion. Elle doit se faire sur sol ferme et démarrer par une phase de pas, puis de trot léger et enfin de galop modéré.
La durée du protocole de reprise est variable. Elle dépend du type de tendinite et peut prendre jusqu’à 2 ans pour les plus sévères.
 

Comment prévenir la tendinite chez le cheval ?

 
La prévention est la meilleure des armes face aux tendinites. Voici les bons réflexes à adopter au quotidien :
 

  • travailler son cheval sur un sol de qualité qui soit bien entretenu. Il ne doit être ni trop profond, ni trop dur ;
  • effectuer un échauffement systématique au pas pendant au moins 10 minutes avant chaque séance ;
  • proposer un travail progressif : évitez les changements brusques de rythme ou d’intensité ;
  • surveiller le poids du cheval : un cheval en surpoids a plus de risque de développer des tendinites ;
  • entretenir les pieds du cheval : la ferrure ou le parage doit être fait régulièrement et adapté à l’activité ;
  • effectuer des soins après l’effort (douche froide, argile, massage, etc.) ;
  • observer le cheval régulièrement : ne négligez jamais les petits signes.

 
Avec une bonne connaissance des signes avant-coureurs, une prise en charge rapide de la tendinite et un protocole de soins bien suivi, un cheval atteint peut retrouver une locomotion normale et reprendre sa carrière sportive. Restez à l’écoute de votre cheval, travaillez intelligemment, et n’hésitez jamais à consulter votre vétérinaire en cas de doute.

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