La pneumonie chez le cheval
Discrète au départ, la pneumonie peut rapidement devenir une menace sérieuse pour la santé du cheval. Cette maladie respiratoire équine touche aussi bien les poulains que les chevaux adultes, et nécessite une prise en charge rapide. Quels sont les premiers signes ? Comment la diagnostiquer ? Quelles solutions pour la traiter et la prévenir ? Horsia vous dit tout sur la pneumonie chez le cheval.
Qu’est-ce que la pneumonie équine ?
La pneumonie équine est une maladie respiratoire sérieuse qui touche les poumons du cheval, et peut se révéler potentiellement fatale si elle n’est pas traitée à temps. Elle résulte d’une inflammation du tissu pulmonaire, parfois étendue aux voies respiratoires supérieures et à la plèvre (membrane entourant les poumons).
Cette pathologie peut survenir à tout âge, mais elle est plus fréquente chez les jeunes chevaux, notamment les poulains âgés de 1 à 6 mois. Les chevaux adultes, en particulier ceux atteints de maladies chroniques comme le syndrome de Cushing, sont également exposés à cette maladie.
On distingue plusieurs formes de pneumonie chez le cheval :
- la bronchopneumonie, localisée dans les bronches et les alvéoles, est la forme la plus courante ;
- la pneumonie interstitielle touche les parois alvéolaires ;
- la pleuropneumonie, une infection étendue aux poumons et à la cavité pleurale ;
- la pleurésie (pneumonie pleurétique), une inflammation de la plèvre, douloureuse et associée à une gêne respiratoire marquée.
À la différence de l’emphysème, une maladie inflammatoire chronique non infectieuse, la pneumonie découle toujours d’une agression externe (bactérienne, virale, etc.).
Quelles sont les causes de la pneumonie chez le cheval ?
La pneumonie peut avoir de nombreuses origines chez le cheval. Elles sont souvent liées à une infection mais aussi à l’environnement ou au stress. Des facteurs qui affaiblissent les défenses du système respiratoire.
Les causes bactériennes de la pneumonie équine
Les infections bactériennes sont une cause fréquente de pneumonie, surtout chez les chevaux adultes déjà fragilisés par un stress, une maladie ou un autre agent pathogène.
Les principales bactéries impliquées sont :
- Streptococcus zooepidemicus (le plus courant) ;
- Klebsiella pneumoniae ;
- Staphylococcus aureus ;
- Escherichia coli ;
- Actinobacillus equuli.
Ces germes sont naturellement présents dans les voies respiratoires supérieures du cheval, mais ils peuvent devenir pathogènes lorsqu’ils atteignent les zones profondes des poumons.
La rhodococcose, causée par Rhodococcus equi, est quant à elle typique des poulains de moins de 6 mois. Cette bactérie du sol provoque des infections sévères, souvent accompagnées d’abcès pulmonaires, et peut affecter d’autres organes en cas de septicémie.
Les causes virales de la pneumonie équine
Les virus seuls causent rarement une pneumonie, mais ils affaiblissent les défenses immunitaires du cheval, ouvrant la voie à des infections bactériennes secondaires. Les virus respiratoires les plus impliqués sont :
- le virus de l’herpès équin ;
- le virus de la grippe équine ;
- l’arthrite virale équine.
Bon à savoir : Chez les poulains, certaines infections virales peuvent provoquer des pneumonies interstitielles aiguës, avec une détresse respiratoire soudaine et sévère.
Les autres causes de pneumonie chez le cheval
Outre les bactéries et les virus, d’autres éléments peuvent provoquer une pneumonie équine :
- une anesthésie générale : elle augmente le risque de pneumonie en modifiant la ventilation pulmonaire et la position du cheval ;
- des facteurs environnementaux : un transport prolongé (pneumonie du transport), une exposition à la poussière, à des particules irritantes, etc. ;
- des plantes toxiques : certaines plantes, comme le séneçon de Jacob ou Perilla frutescens, peuvent provoquer des lésions pulmonaires inflammatoires ;
- des champignons : la pneumonie mycosique est rare mais grave. Elle touche surtout les jeunes chevaux ou les animaux traités par antibiotiques à long terme.
Les chevaux âgés peuvent développer une pneumonie granulomateuse interstitielle. Il s’agit d’une forme chronique rare qui est souvent liée à une exposition prolongée à des irritants ou à certaines infections.
Les poulains présentant des anomalies buccales ou qui ont été mal biberonnés peuvent présenter une pneumonie par aspiration (ingestion accidentelle de lait, nourriture ou liquide dans les voies respiratoires).
Enfin, la septicémie est une cause sous-jacente fréquente de pneumonie, surtout chez les poulains nouveau-nés, l’infection se propageant des voies sanguines vers les poumons.
Quels sont les symptômes de la pneumonie équine ?
Les symptômes de la pneumonie équine varient en fonction de la forme de la maladie et de son stade d’évolution. Ils peuvent être discrets au départ, avec une légère fièvre ou une augmentation modérée du rythme respiratoire, puis s’aggraver rapidement si la pathologie n’est pas prise en charge à temps.
Les chevaux atteints de cette maladie respiratoire peuvent présenter un ou plusieurs des signes suivants :
- fièvre (souvent l’un des premiers signes) ;
- toux sèche ;
- écoulement nasal bilatéral, jaune, crémeux ou nauséabond ;
- perte d’appétit et amaigrissement ;
- fatigue, léthargie et baisse générale de forme ;
- intolérance à l’effort, essoufflement au travail ;
- détresse respiratoire, respiration rapide et profonde (tachypnée) ;
- bruits anormaux à l’auscultation pulmonaire ;
- douleur à la palpation thoracique ;
- raideur des antérieurs.
Dans les cas de pneumonie du transport, les chevaux peuvent également se tenir les coudes écartés, garder la tête et le cou bas, se coucher plus souvent ou refuser de bouger.
Chez les poulains, on peut observer des symptômes discrets comme :
- une succion plus faible ;
- un écoulement de lait par les narines ;
- une croissance ralentie.
Bon à savoir : Il est crucial de contacter un vétérinaire dès l’apparition des premiers signes afin d’éviter toute évolution vers une forme chronique, voire mortelle.
Comment diagnostiquer une pneumonie chez son cheval ?
Le diagnostic de la pneumonie équine repose sur un examen vétérinaire complet, combinant observation clinique et tests complémentaires.
Les principales étapes du diagnostic incluent :
- un examen clinique approfondi avec auscultation des poumons ;
- un test de réinhalation : un ballon est placé sur les naseaux pour amplifier les sons pulmonaires ;
- une prise de sang (hémogramme, dosage de la SAA et biochimie pour détecter l’inflammation) ;
- une radiographie thoracique pour observer des lésions pulmonaires profondes ;
- une échographie thoracique, utile pour visualiser les épanchements pleuraux ou les abcès ;
- un lavage broncho-alvéolaire (LBA) : prélèvement de mucus dans les bronches pour identifier les agents infectieux ;
- un antibiogramme pour déterminer la sensibilité des bactéries aux antibiotiques ;
- une thoracentèse, une ponction pleurale pour analyser un éventuel liquide autour des poumons.
Tous ces examens permettent de poser un diagnostic précis et d’éviter une utilisation inappropriée d’antibiotiques dans la mesure où les résistances microbiennes sont de plus en plus fréquentes.
Quels sont les traitements de la pneumonie équine ?
Le traitement de la pneumonie chez le cheval dépend du type d’infection, de la sévérité des symptômes et de l’état général de l’animal. Une prise en charge rapide améliore considérablement le pronostic.
Le vétérinaire commence généralement par un traitement antibiotique à large spectre en attendant les résultats du LBA et de l’antibiogramme.
Si une résistance est détectée, un changement d’antibiotique est nécessaire. En effet, certains agents pathogènes comme les pseudomonas sont particulièrement résistants et nécessitent une approche ciblée.
Des anti-inflammatoires sont utilisés pour contrôler la fièvre et réduire l’inflammation.
Dans les cas chroniques, avec présence d’abcès ou d’épanchements pleuraux importants, une thoracotomie peut être envisagée pour évacuer les débris infectieux. Cette chirurgie lourde n’est réalisée que par des spécialistes expérimentés.
Des soins de soutien peuvent être apportés au cheval en parallèle de ce traitement médical. Par exemple :
- un repos strict pendant toute la durée du traitement ;
- une ration pauvre en poussière, des fourrages humides ou sous forme de granulés ;
- une alimentation au sol pour favoriser le drainage des sécrétions ;
- une cure de vitamines pour accompagner la récupération.
Le cheval reste souvent affaibli même après la disparition des symptômes : une convalescence prolongée est nécessaire pour éviter les rechutes ou les séquelles pulmonaires durables.
Dans les cas les plus graves, où un traitement ne peut malheureusement plus être envisagé, il faut prévoir la fin de vie de l’animal. Horsia accompagne les propriétaires dans le respect et la dignité avec un service de crémation équine pensé pour rendre hommage à la vie de leur animal.
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Comment prévenir la pneumonie chez le cheval ?
Bien que toutes les formes de pneumonie ne soient pas évitables, une bonne gestion de l’environnement, de la santé et du stress permet de réduire fortement les risques, en particulier chez les jeunes chevaux.
Voici les principales mesures préventives à mettre en place :
- vaccination des juments gestantes pour assurer une immunité passive efficace du poulain via le colostrum ;
- suivi vaccinal régulier des chevaux contre les virus respiratoires (grippe, herpès) ;
- amélioration de la qualité de l’air dans les écuries (ventilation, réduction des poussières, litières adaptées, etc.) ;
- alimentation sans poussière : foin de qualité, humidifié si nécessaire ;
- vermifugation adaptée des poulains et des jeunes chevaux ;
- suivi des chevaux à risque (atteints de cushing, de maladies respiratoires chroniques, etc.) ;
- isolement des chevaux malades avec surveillance vétérinaire.
Enfin, il est important de rester attentif aux premiers signes d’infection respiratoire, même bénins. Un cheval bien suivi, qui évolue dans un environnement sain, est un cheval mieux protégé contre la pneumonie.
Vous l’avez compris, il est possible de mettre en place une véritable stratégie de prévention contre la pneumonie équine. En tant que propriétaire, rester attentif au moindre signe et travailler en étroite collaboration avec son vétérinaire est la meilleure manière de protéger la vie et la santé respiratoire de son cheval.
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