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Le cancer chez le cheval

Discret au départ, le cancer chez le cheval peut se manifester sous forme de masses cutanées, de troubles internes ou de changements de comportement. Mélanome, lymphome ou sarcoïdes, chaque type de tumeur présente ses propres enjeux.
 
Comment les reconnaître ? Quels traitements envisager ? Et surtout, quel est le pronostic pour un cheval atteint d’un cancer ? Horsia fait le point sur cette maladie pour vous aider à réagir rapidement et à accompagner au mieux votre compagnon.

Qu’est-ce que le cancer chez le cheval ?

 
Le cancer chez le cheval est caractérisé par une prolifération anormale et incontrôlée de cellules. Cette prolifération peut former des tumeurs qui peuvent être bénignes (non cancéreuses) ou malignes (cancéreuses). Les tumeurs malignes ont la capacité d’envahir les vaisseaux sanguins ou lymphatiques et de former des métastases dans d’autres parties du corps.
 
Le développement d’une tumeur peut dépendre de facteurs génétiques ou environnementaux, de l’âge du cheval ou de son système immunitaire. Certaines cellules deviennent alors cancéreuses et donnent naissance à des masses qui affectent la santé globale de l’animal.
 
Le pronostic dépend de plusieurs éléments, dont :
 

  • le type de tumeur ;
  • sa localisation ;
  • son stade d’évolution ;
  • l’âge et l’état général du cheval ;
  • la rapidité du diagnostic ;
  • la qualité du traitement.

 

Les principaux types de cancer chez le cheval :

 

Le mélanome équin

 
Le mélanome est l’une des tumeurs les plus fréquentes chez le cheval, en particulier chez les chevaux gris.
 
Il s’agit d’une tumeur pigmentaire qui se forme à partir des cellules appelées mélanocytes. Ces masses sont généralement localisées sur des zones où la peau est fine ou exposée. Par exemple, sous la queue, autour de l’anus, sur les parties génitales ou au niveau de la tête.
 
Bien que de nombreux mélanomes soient initialement bénins, certains évoluent en formes malignes. Ces tumeurs peuvent alors infiltrer les tissus voisins et former des métastases internes.
 
Les signes d’un mélanome chez le cheval peuvent évoluer lentement. En voici certains :
 

  • apparition d’une masse de couleur noir ou gris foncé, ferme, ronde et sous-cutanée ;
  • lésions ulcérées ou suintantes, croûte sur la tumeur, parfois écoulement noirâtre ;
  • difficultés à déféquer si la masse se situe autour de l’anus ou sous la queue ;
  • signes neurologiques ou gêne locomotrice en raison de la compression des structures nerveuses.

 
Bon à savoir : Les mélanomes sont plus rares chez les chevaux dont la robe n’est pas grise mais ils sont souvent plus agressifs lorsqu’ils se développent.
 
> Pour en savoir plus sur le mélanome chez le cheval
 

Le lymphome

 
Le lymphome est le cancer interne le plus courant chez les chevaux. Il provient des cellules lymphoïdes (lymphocytes) du système immunitaire, qui deviennent malignes et se multiplient sans contrôle.
 
Ce cancer peut toucher des équidés de tout âge ou de toutes races, bien que certaines semblent plus souvent concernées (Pur-sang, chevaux arabes, Quarter-horse, etc.).
 
Il touche le système lymphatique et peut apparaître sous plusieurs formes :
 

  • le lymphome multicentrique : atteinte de nombreux ganglions lymphatiques et organes internes (foie, rate, intestins, rein). C’est la forme la plus fréquente de la pathologie ;
  • le lymphome digestif (ou intestinal) : les cellules cancéreuses envahissent le tube digestif ou les tissus lymphoïdes associés aux muqueuses ;
  • le lymphome médiastinal : localisé dans la région thoracique, souvent en rapport avec le thymus, il engendre des symptômes respiratoires ;
  • le lymphome cutané : forme plus rare, qui se manifeste sur la peau via des nodules, plaques ou masses visibles.
  • Les cellules lymphocytaires anormales se multiplient de manière désordonnée, formant des masses qui peuvent gêner le fonctionnement des organes internes.

 
Les symptômes du lymphome sont multiples :
 

  • perte de poids rapide et inexpliquée ;
  • diminution de l’appétit ;
  • fatigue chronique et abattement ;
  • oedèmes localisés ;
  • troubles digestifs ou signes respiratoires ;
  • etc.

 

Les autres cancers fréquemment rencontrés chez le cheval

 
Outre le mélanome et le lymphome, plusieurs autres types de cancer affectent les chevaux.
 

Les sarcoïdes

 
Les sarcoïdes sont des tumeurs cutanées qui résultent d’une prolifération de fibroblastes cutanés. Elles sont fréquentes chez les chevaux, mais non cancéreuses dans la majorité des cas.
Les sarcoïdes peuvent apparaître sous forme de masses irrégulières, verruqueuses, ulcérées ou infiltrantes. S’ils ne font habituellement pas de métastases, ils peuvent être très invasifs localement, récurrents, et gêner le cheval dans certaines zones.
 
> Pour en savoir plus sur les sarcoïdes chez le cheval
 

Le carcinome épidermoïde

 
Le carcinome épidermoïde est un cancer de la peau et des muqueuses qui touche les zones peu pigmentées, souvent exposées du corps du cheval, comme les paupières, les lèvres et les zones génitales.
Il peut apparaître sous forme de lésions croûteuses, ulcérées ou saignantes. Il peut également envahir les tissus voisins et devenir agressif s’il n’est pas traité.
 

Les tumeurs oculaires

 
Le carcinome épidermoïde oculaire est la forme la plus fréquente de tumeur oculaire chez le cheval. Il peut menacer la vision, provoquer des ulcérations ou des pertes de la structure de l’œil.
En cas d’agressivité, le retrait de l’œil peut être nécessaire.
 

Les tumeurs du système reproducteur

 
Les tumeurs testiculaires chez l’étalon sont généralement bénignes mais doivent être surveillées.
 
Chez la jument, les tumeurs ovariennes peuvent impacter le cycle hormonal, le comportement ou la fertilité.
 
Enfin, les carcinomes du pénis ou de la vulve peuvent former des masses visibles, ulcérées ou saignantes, nécessitant une intervention chirurgicale selon la localisation.
 

Comment diagnostiquer un cancer chez le cheval ?

 
Le diagnostic d’un cancer équin repose sur plusieurs étapes :
 

  • examen clinique : palpation, inspection des masses cutanées, regard sur les zones à risque (queue, périnée, paupières, etc.) ;
  • imagerie : échographie, radiographie, IRM ou scanner pour visualiser les tumeurs internes ;
  • biopsie ou cytologie : prélèvement de cellules ou de tissus pour analyses microscopiques ;
  • coloration immunohistochimique : pour identifier le type de cellules tumorales ;
  • bilans complémentaires : examens additionnels pour vérifier la présence d’éventuelles métastases.

 
Une fois le diagnostic posé, le vétérinaire peut proposer un plan de traitement adapté en tenant compte du type de cancer, de sa localisation et de l’état général du cheval.
 

Quels sont les traitements adaptés pour soigner un cancer chez le cheval ?

 
Voici un panorama des options thérapeutiques envisageables pour traiter le cancer chez un cheval.
 

La chirurgie

 
C’est souvent la première option utilisée lorsqu’une tumeur cutanée accessible peut être retirée facilement (comme les mélanomes ou les sarcoïdes).
L’ablation chirurgicale vise à retirer la tumeur débout ou sous anesthésie générale, et prévenir sa propagation. Des récidives peuvent cependant survenir si la tumeur n’est pas complètement retirée.
 
Dans les cas de mélanomes autour de l’anus, une chirurgie précoce est souvent recommandée avant que la masse ne devienne trop volumineuse.
 

La chimiothérapie

 
La chimiothérapie est utilisée de façon locale ou systémique :
 

  • en injection locale, certains produits peuvent être injectés directement dans la masse pour cibler les cellules tumorales ;
  • la chimiothérapie systémique (voie générale) est plus risquée chez le cheval en raison des effets secondaires sur les organes internes.

 
La chimiothérapie est efficace dans certains cas de lymphome, mais elle reste moins courante que chez les petits animaux en raison de son coût notamment.
 

La radiothérapie

 
Pratiquée dans certains hôpitaux équins spécialisés, la radiothérapie est une méthode puissante pour traiter les tumeurs localisées, notamment les carcinomes épidermoïdes ou les tumeurs oculaires.
 
Bon à savoir : Elle peut être utilisée en complément de la chirurgie pour réduire les risques de récidive.
 

Les thérapies alternatives

 
D’autres traitements peuvent être utilisés pour soigner un cheval atteint de cancer, comme :
 

  • la cryothérapie ou le laser : ces techniques offrent une alternative efficace pour les tumeurs cutanées superficielles, notamment pour les sarcoïdes ;
  • l’immunothérapie : elle consiste à stimuler le système immunitaire pour s’attaquer aux cellules cancéreuses, souvent en association avec la chirurgie ;
  • les vaccins thérapeutiques : certaines recherches explorent l’utilisation de vaccins basés sur des antigènes tumoraux pour traiter le mélanome équin.

 
Bon à savoir : Des traitements naturels peuvent également être proposés en complément, mais jamais en substitution d’un traitement vétérinaire.
 

Quel est le pronostic pour un cheval atteint de cancer ?

 
Le pronostic du cheval atteint de cancer dépend :
 

  • du type de cancer (mélanome, lymphome, carcinome, etc.) ;
  • de la localisation de la masse (proche d’organes vitaux ou non) ;
  • de la taille et de l’extension de la tumeur (localisée ou métastatique) ;
  • de la réponse au traitement choisi ;
  • de l’âge et de l’état général du cheval ;
  • de la rapidité du diagnostic et de l’intervention.

 
Par exemple :
 

  • les mélanomes isolés ont souvent un meilleur pronostic, surtout s’ils sont retirables ;
  • les mélanomes multiples ou ceux évoluant vers une forme maligne, ont un pronostic plus réservé ;
  • le lymphome est souvent grave, avec un pronostic réservé même avec traitement ;
  • détectées tôt, les tumeurs oculaires ou cutanées répondent généralement bien aux traitements.

 
L’évolution peut être lente ou très rapide selon les cas. La surveillance, l’évaluation régulière des cellules cancéreuses et l’ajustement du traitement sont essentiels pour améliorer le pronostic du cheval.
 
Quand le pronostic vital est engagé, mieux vaut prendre les devants et envisager une euthanasie pour permettre à votre cheval de partir en douceur.
 
Chez Horsia, nous vous proposons un service de crémation individuelle ou collective respectueux de la relation que vous avez entretenue avec votre compagnon. Vous aurez également la possibilité de récupérer les cendres pour garder votre cheval auprès de vous au quotidien.
 
Le cancer chez le cheval est une pathologie complexe aux défis réels. Heureusement, de nombreuses formes de tumeurs peuvent être stabilisées, traitées, voire supprimées lorsque la prise en charge est adaptée.
 
L’observation quotidienne de l’état de santé du cheval, une bonne connaissance des symptômes à surveiller, et une réaction rapide en cas de doute peuvent permettre un diagnostic précoce afin d’améliorer le pronostic.

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